Sunday, May 12, 2013

My car, my mechanic and myself



     Depuis que j’habite dans le Michigan, je suis poursuivie par une malédiction. La malédiction de « tu vas devoir vendre tes organes un par un pour payer les réparations de ta bagnole ». 

Since I’ve been living in Michigan, I have been cursed. The “you will have to sell your organs one by one to pay for your car repairs” curse.


     Comme vous le savez peut-être, en France je roulais en Peugeot 106, d’un magnifique bleu quelque part entre le bleu roi et le bleu outremer, mais peut-être que je la magnifie un peu car je la regarde toujours avec les yeux de l’amour. Il faut dire que c’était ma première voiture, je l’ai aimée d’amour sincère et tendre, et je l’aimerai jusqu’à la fin de mes jours, je suis une grande romantique niveau voitures. Bref, je vais essayer d’être objective. Objectivement, cette voiture n’est peut-être pas la meilleure voiture du monde, ni la plus fiable, elle avait déjà quelques années et je lui ai collé quelques kilomètres au compteur. Bien sûr elle m’a fait des petits caprices, j’ai dû lui racheter un nouveau radiateur notamment, mais en gros, elle roulait, je la conduisais, et on partait toutes les deux dans le soleil couchant avec une musique de violon.



     Je n’ai pas pu emmener cette voiture avec moi aux US malheureusement (j’en ai encore le cœur brisé) et j’ai donc dû en acheter une autre. Rouge. Je l’aime aussi, ne vous méprenez pas, on s’entend assez bien elle et moi. Mais je ne sais pas si c’est les routes pourries du Michigan, ou le fait qu’ici on fait BEAUCOUP plus de kilomètres, mais elle n’arrête pas de me péter entre les mains. Je l’emmène au garage bien plus souvent que je ne vais chez le médecin pour vous donner une idée. Or emmener ma voiture au garage est toujours une épreuve. Déjà parce que la plupart du temps, les garagistes ne me prennent pas très au sérieux. Pourquoi donc ? Parce que je suis une femme. En général, quand on est une femme et qu’on rentre dans un garage, le monsieur nous regarde de la même manière qu’un adulte regarde un enfant de 5 ans et nous dit plus ou moins : « il est où ton mari ? Il est temps de parler de choses sérieuses alors va jouer avec tes Barbies ». Ce qui ne manque pas de provoquer chez moi une petite poussée de féminisme qui me donne envie de répondre « j’ai pas de mari mais j’ai un cerveau, tu vas m’expliquer ce qui va pas dans ma bagnole sans te la raconter avec tes mots techniques à deux francs, et après tu vas fermer ta gueule de macho, c’est clair ? » Mais comme je suis aussi polie, je lui fais juste le regard qui tue et je signe mon chèque. En France, la personne à l’accueil de mon garage était une dame, bah ça réglait le problème.

     Ensuite, vous vous en doutez, la vraie partie la plus douloureuse c’est la facture. Corrigez-moi si je me trompe, mais il me semble que de poser un pied dans le garage (sans parler d’une roue) coûte déjà 200 dollars. J’ai l’impression que mon portefeuille se fait violer à chaque fois. En plus, on a toujours des mauvaises surprises. Genre j’y vais pour un petit problème, le mec me dit « facile, aucun problème, il devrait y en avoir pour 2h et environ 100$ ». Mais il me rappelle ½ heure plus tard en m’expliquant qu’en fait, la petite pièce cassée a entraîné toute une série de problèmes, que ça a flingué la moitié de mon moteur et que ça va me coûter 46 000$ plus les pièces, vous payez en chèque ou en espèces ?

     Quand je regarde la facture, il y a le prix des pièces (pourquoi ils ne font pas des pièces standards pour toutes les bagnoles, ce qui limiterait quand même sérieusement les coûts, je vous le demande) puis il y a une partie main d’œuvre, puis différentes sections au jargon incompréhensible du genre « vérification de la compression de la quatrième soupape externe : 198$, fixation double standard du cylindre de ventilation secondaire : 246$ » et ça continue jusqu’à ce que je pleure en sortant ma carte bleue.

     Vous l’aurez compris, la relation entre ma voiture rouge, mon garagiste et moi est un peu tendue, et je me retrouve régulièrement à éteindre brutalement la radio, ouvrir frénétiquement la fenêtre et faire des calculs mentaux angoissés car il me semble avoir entendu un bruit suspect pendant que je conduisais.

     Maintenant je vais vous raconter une autre histoire. La semaine dernière, il a enfin fait beau et donc il a fallu tondre la pelouse. Un mouvement de bras un peu énergique a cassé la ficelle qui sert à démarrer la tondeuse (ce n’était pas moi au bout du bras, malgré mes séances de sport « intensives », je n’arrive toujours pas à la démarrer). Bref, il a fallu l’emmener au réparateur de tondeuses. J’ai appelé le magasin, je suis tombée sur une dame charmante qui a compris mes explications, m’a dit que ça allait coûter 20 dollars plus les pièces et que la pièce en question coûtait autour de 2 dollars.

     J’ai déposé ma tondeuse, je l’ai récupérée le lendemain et j’ai payé 22 dollars exactement. Je pense que je vais me mettre à conduire ma tondeuse.

As you may know, in France I used to drive a Peugeot 106, which was of a beautiful shade of blue, but I may be idealizing it because I still look at her with loving eyes. It was my first car, I have loved her tenderly and sincerely and I will love her until the day I die. I am highly romantic when it comes to cars. Anyway, I am going to try to be objective. Objectively, this car may not be the best car in the world, nor the most reliable, and she was already a few years old when I got her and I added quite a bit of miles to her odometer. Of course she has had a few tempers, I had to buy her a new radiator for example, but most of the time she was running, I was driving and we were both leaving in the sunset to the sound of violins. 

Unfortunately, I could not take that car with me to the US (I am still heartbroken) and I had to buy a new one. A red one. I love her too, don’t get me wrong, we get along pretty well but I don’t know if it is because of the crappy Michigan roads or because of here we drive MANY more miles, but she just does not stop breaking. I take her to the mechanic more often than I go to the doctor. Yet taking my car to the garage is always a painful experience. First because most of the time mechanics don’t take me seriously. Why not? Because I am a woman. Generally, when you are a woman and you enter a garage, the mechanic looks at us like an adult looks at a five year-old and more or less says: « Where is your husband? It is time to talk seriously so why don’t you go play with your Barbie dolls”. Which never fails to bring  up the feminist in me which makes me want to answer: “I don’t have a husband but I do have a brain, you are going to explain to me what is wrong with my car without showing off with your lame technical words, and you are going to shut your macho mouth, is that clear?” But since I am also polite I just give him the deadly look and I sign my check. In France, the person at the front desk of my garage was a woman, well it made things easier.

Then as you may have guessed, the most painful part is the bill. Correct me if I’m wrong, but it seems to me that just stepping foot in a garage (without even mentioning a wheel) already costs 200 dollars. I always feel like my wallet is getting raped. And you always end up having bad surprises. For example, I go for a little problem, the guy tells me “easy, no problem, it should be done in about 2 hours and cost about $100”. But he calls me back half an hour later to tell me that actually, the little part that broke led to a series of problems, that it messed up half of the engine and that it is going to cost me $46 000 plus parts, you will pay credit or debit?

When I look at the bill, there is the parts’ price (why don’t they make standard parts for all cars which would save us all a lot of money I am asking) then there is the labor part, then several sections with incomprehensible jargon like "checking of the compression of the fourth external valve” $198; fixation double standard of the secondary ventilation cylinder: $246” and it goes on and on until I start crying while taking out my credit card.

As you probably understood, the relationship between my red car, my mechanic and myself is slightly tense and I regularly find myself brutally turning off the radio, frantically opening the window and trying to do stressful math calculations because I thought I heard a suspect noise while driving.

Now I am going to tell you another story. Last week, the weather was finally nice so we had to mow the lawn. An energetic arm movement broke the string that makes the lawn mower start (it was not my arm, despite my “intense” sport sessions, I still cannot start it). Anyway, we had to take it to the lawn mower store. I called the store, talked to a charming lady who understood my explanations, told me that it was going to cost 20 dollars plus parts and that this specific part cost about 2 dollars.

I dropped my lawn mower, picked it up the next day and paid exactly 22 dollars. I think I am going to start driving my lawn mower.

2 comments:

  1. Mais tu te rends compte que tu casse un mythe, là? Moi je m'imaginais que les américains roulaient dans des voitures jamais en panne, toujours neuves ou presque, des gros machins luxueux....
    Et pas du tout, elles tombent aussi en panne, comme de simples voitures ordinaires? Ah déception!
    Par contre, j'ai l'impression que les garagistes américains valent leurs confrères français, hélas...
    Une seule soluce: prendre des cours de mécanique, ou dénicher un chéri mécano....;)

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    1. Peut-etre que je ne suis pas encore une vraie americaine alors... Mais en fait il y a les deux, les americains qui ont pris 3 credits pour rouler dans une super bagnole, et ceux qui roulent en poubelle a laquelle il manque des morceaux (pas de controle technique ici).
      Et oui je me demande si mon mecano ne devisse pas un ptit truc a chaque fois que je vais le voir pour me faire revenir un mois plus tard... Et j'envisage de plus en plus les cours de mecanique!

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